Chaque année, la région de la Kozah, au nord du Togo, vibre au rythme de l'Évala, la lutte traditionnelle qui marque le passage à l'âge adulte pour de nombreux jeunes hommes kabyè. À l'occasion de l'édition 2026, A.R.A a interrogé son président, Komi, lui-même originaire de la culture kabyè, sur le sens profond de cette tradition.
A.R.A — Pour ceux qui découvrent l'Évala, comment décririez-vous cette tradition ?
L'Évala, c'est bien plus qu'une compétition de lutte. C'est un rite de passage qui permet à un jeune homme kabyè de prouver son courage devant sa communauté et d'être reconnu comme un adulte à part entière. Chaque combat est accompagné de chants, de danses et de tout un cérémonial transmis depuis des générations.
A.R.A — Qu'est-ce que cette tradition représente pour vous personnellement ?
C'est une part de mon identité. Même en vivant aujourd'hui aux États-Unis, l'Évala reste un repère fort : il me rappelle d'où je viens, la discipline et le respect qu'on nous a inculqués enfants. Pour la diaspora, suivre l'Évala à distance, c'est une façon de rester connecté à la terre kabyè.
A.R.A — Pourquoi est-il important pour A.R.A de couvrir ce type d'événement ?
Notre mission ne se limite pas à l'aide sociale ou à l'assainissement : elle passe aussi par la culture. Documenter l'Évala, c'est participer à la transmission de cette mémoire aux jeunes générations, ici comme là-bas, et montrer la richesse des traditions togolaises à un public plus large.
A.R.A — Un message pour les jeunes lutteurs de cette édition 2026 ?
Qu'ils soient fiers de porter cette tradition. Gagner ou perdre un combat n'est pas l'essentiel — ce qui compte, c'est le courage de se présenter, le respect de l'adversaire et la fierté de perpétuer ce que nos ancêtres nous ont laissé.
« L'Évala, c'est la mémoire kabyè qui se transmet corps à corps, génération après génération. »